PLAIDOIRIE POUR LA LANGUE FRANÇAISE EN RÉPUBLIQUE DE MOLDAVIE

La République de Moldavie est un pays où l’on parle la langue roumaine – langue d’origine latine comme la langue française.  Par tradition en République de Moldavie le français a été depuis toujours une langue vénérée, convoitée dans les établissements d’enseignement scolaire et universitaire.

Au début des années ’90 dans les établissements scolaires de la République de Moldavie 75% d’élèves étudiaient le français comme première langue étrangère.

Malheureusement il n’y a pas eu de politiques linguistiques cohérentes, en République de Moldavie afin de protéger et sauvegarder un héritage francophone et francophile qui remonte dans la nuit des temps. Faute de stratégies et de plans d’actions en matière d’enseignement des langues étrangères en République de Moldavie, les préférences linguistiques des élèves et des étudiants ont inévitablement pris le chemin de l’anglicisation. À présent dans les zones urbaines l’anglais emporte sur le français dans les préférences des élèves et des étudiants. La langue française survit surtout dans les écoles rurales, où faute de professeurs d’anglais, les élèves continuent encore d’étudier le français – discipline enseignée très souvent par des professeurs qui sont à la retraite.

Il est vrai que des lycées bilingues roumain-français continuent de garder la tradition francophile et francophone, mais il leur est de plus en plus difficile de faire face à la marche triomphale de l’anglais.

Avec l’adoption du Code de l’éducation en 2014 trois langues de communication internationale – l’anglais, le français et le russe – bénéficient du statut de langues étrangères qui sont enseignées  à l’école, selon les préférences des élèves et de leurs parents. Ainsi, une tendance se dessine-t-elle : selon les choix des apprenants la langue anglaise vient en première place, la langue russe tend à évincer la langue française en la poussant à occuper la troisième place en tant que langue étrangère enseignée. Cette tendance est plus qu’inquiétante dans un pays latin comme la République de Moldavie. Les francophones/francophiles – surtout les professeurs de français doivent se donner la main afin de promouvoir la langue française en tant que véhicule de valeurs, de culture et de civilisation. Le combat pour la langue française – car c’est un véritable combat – devrait s’axer autour des actions concrètes :

  • Convaincre les autorités moldaves de la nécessité de sauvegarder les traditions éducationnelles – à savoir l’enseignement du et en français dans les établissements d’enseignement de tout niveau : école, gymnase, lycée, collège, université.
  • Déployer une vaste campagne de popularisation de la langue française auprès des élèves dans les établissements d’enseignement de tout niveau.
  • Concevoir une émission télévisée en français à la chaine de télévision nationale publique ou d’autres chaines télévisées qui seront intéressées par le projet. L’émission sera appelée à mettre en valeur des événements francophones qui ont lieu en République de Moldavie, mais aussi des sujets passionnant de civilisation de la France – histoire, culture, science, innovation etc.
  • Organiser, promouvoir et appuyer des événements culturels, économiques, sociaux qui impliquent l’utilisation de la langue française en tant qu’instrument de communication, d’enseignement, de recherche, d’innovation et de dialogue interculturel.

La République de Moldavie est un pays en transition du post-totalitarisme vers une démocratie authentique. Mieux que d’autres pays du monde la République de Moldavie connait le phénomène de la pensée et de la langue unique. Aujourd’hui le problème se pose de la manière suivante : sur une Terre qui se globalise en anglais faisons de la place à la diversité linguistique et culturelle. L’uniformisation est dangereuse, surtout quand cette elle annihile les racines et quand elle coupe les ailes, en laissant uniquement le technicité des 400 mots « de l’aéroport ».

La langue française est une langue parlée par environ 260 mln d’hommes sur la terre. C’est la langue de la pensée démocratique et philosophique européenne, la langue  d’origine latine qui fournit par excellence le potentiel lexical à la langue roumaine – notre langue maternelle et officielle en République de Moldavie.

Apprenons et sauvegardons la langue française en Europe Centrale et Orientale – voilà un défi à relever pour nous tous, ceux qui avons fait de la langue française un projet professionnel et un projet de vie !